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Talia Shire-Coppola entre ‘Le Parrain’ et ‘Rocky’

LOS ANGELES / Lorsque Francis Ford Coppola a cherché une actrice pour le rôle de la fille du parrain de la mafia, Connie Corleone, dans son film ‘Le Parrain’ (‘The Godfather’), une des candidates était sa propre sœur Talia. Talia Shire (le nom Shire lui vient de son mariage avec le compositeur David Shire) obtint le rôle et s’en tira très bien. Mieux encore, dans les deux suites, son personnage devint encore plus intéressant. 37 ans après le premier ‘Parrain’ et à l’occasion de la sortie du coffret DVD ‘The Godfather: the Coppola Restoration’, Talia Shire nous a généreusement parlé de la meilleure trilogie de tous les temps.

Pourquoi un nouveau coffret DVD consacré au ‘Parrain’ ?
Talia Shire: «Les films vieillissent tout bonnement et s’usent. Il y a des années, nous n’avions pas encore la technologie pour restaurer ces vieux films. Aujourd’hui, si. Et, entre-temps, les deux premiers ‘Parrain’ ont déjà plus de 30 ans. Avec ce nouveau coffret, on a enfin l’occasion de découvrir la photo de Gordon Willis dans toute sa splendeur.»

Quelle est l’histoire derrière le casting de Connie ?
«Francis ne voulait pas me donner le rôle et ne me l’a pas donné non plus. Vous devez savoir que mon frère avait commencé ‘Le Parrain’ à contrecœur, à l’époque. Il voulait faire des œuvres indépendantes, ce qu’il a d’ailleurs fait, par la suite, avec Zoetrope et de jeunes cinéastes comme George Lucas. Mais il avait besoin d’argent et ne voyait pas d’autre possibilité que d’accepter ce projet. En tant que jeune réalisateur, il n’avait pas très confiance en lui et moi je me débattais avec mes énormes doutes par rapport aux auditions. Je ne voulais certainement pas que Francis me donne le rôle sur un plateau d’argent. Cela aurait été obscène. J’ai donc voulu une audition, même si cela m’angoissait énormément. Francis m’a carrément dit non. Plus tard, je suis partie à New York et dans un studio en sous-sol, j’ai retrouvé tous ces grands acteurs venus faire leur audition: Martin Sheen, Robert De Niro… ils étaient tous là. Et j’ai donc fait mon audition pour Connie sous le nom de Shire. Mon partenaire, John Ryan, était très ému de ce que je faisais et m’a donné l’impression que j’avais fait du très bon travail. Je suis ensuite rentrée à la maison et j’ai reçu un coup de fil de la Paramount m’annonçant que j’avais décroché le rôle. Yes! Mais ensuite, j’ai appris que Francis était furieux. A Hollywood, il est beaucoup question d’intrigues. Du genre: si nous prenons sa sœur pour le rôle, nous pourrons obtenir ceci ou cela de lui. Cela fonctionne comme un jeu d’échecs. Je ne m’étais jamais demandée si mon frère se sentirait mal à l’aise avec le fait que je joue le rôle.»

Connie est encore une jeune fille innocente dans le premier film, mais dans le troisième, on dirait une Borgia qui empoisonne tout le monde. Quand est intervenu le grand changement, à votre avis ?
«Francis et moi avons eu une conversation sur la construction des films. Toute l’histoire a quelque chose d’une dynastie. Quand le roi meurt: vive le roi. Quand la reine meurt: vive la reine. Connie occupe le devant de la scène quand sa mère meurt. Mais pour le troisième film, mon frère et moi n’avions pas la même idée de mon personnage. Il voulait davantage la façonner comme la mère, forte et chaleureuse. Moi, je voyais plutôt Connie comme quelqu’un qui avait été sacrifié.»

Vous avez appris à connaître Marlon Brando. Vous pouvez nous raconter…
«Quand il est venu à cette première répétition, c’était un homme très jeune, charismatique, plein de vitalité, qui pouvait se transformer complètement avec un peu de maquillage. On voyait qu’il avait un talent incroyable comme acteur. Il venait de l’école de Stella Adler et aimait rester dans la peau de son personnage. J’ai énormément appris avec lui. Sur un tournage, Marlon économisait son énergie. Quand on criait ‘coupez!’, il prenait toujours un livre, pour qu’on ne le dérange pas. Ou il faisait un petit somme. De sorte qu’il pouvait se donner totalement dès qu’on criait ‘action!’. Il se servait aussi de boules Quies, ce qui l’obligeait d’écouter plus attentivement son partenaire. Il avait appris cela d’Adler qui disait qu’écouter est une activité très active. Mais, en même temps, Marlon détestait jouer la comédie. Il avait un rapport amour-haine avec la comédie.»

Chris Craps pour Metro Belgique(Mercredi 18 juin 2008 / N°1700 / page 11)

Tags associés : Talia, coppola-shire

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Jeudi 19 Juin 2008Poster un commentaire
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